Des plantes pour guérir

Réalisé en 1919, un rapport des docteurs Huguet et de Perrin présente une compilation  des différentes plantes médicinales du département et évoque la question de leur exploitation juste après la fin de la Première Guerre mondiale.


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Réalisé en 1919, un rapport des docteurs Huguet et de Perrin présente une compilation des différentes plantes médicinales du département, M 1045.


Organisé en quatre grandes parties, ce rapport[1] a fait l’objet d’une impression en 1922[2].  En introduction, les auteurs signalent que la récolte et le commerce des plantes médicinales sont des activités peu développées dans le département, où seules quelques espèces de montagne semblent avoir été exploitées. Ainsi les commerces de la violette et la gentiane seraient particulièrement actifs dans les régions de Besse[-en-Chandesse] et de La-Tour [d’Auvergne], tandis que les autres plantes ne seraient récoltées que pour un usage familial (p. 1). Les docteurs pensent qu’il y aurait pourtant tout lieu de développer ces récoltes utilisées par la pharmacopée et les herboristeries. Ils évoquent aussi la question de la cueillette, des différentes  parties de la plante à récolter et du séchage. Dans une seconde partie, il est question des zones de végétation des plantes médicinales, celles-ci expliquant leur répartition au sein du département.

La troisième partie dresse la liste des plantes médicinales en suivant leur ordre d’importance. Chaque plante est décrite selon les mêmes critères : nom commun, nom scientifique (parfois mention des noms vulgaires et des variétés), habitat, caractères et partie usitée de la plante, récolte, prix, etc.  La part belle est faite à la gentiane, dont la racine, utilisée pour des boissons alcoolisées, est dite « amère, tonique et fébrifuge » (qui combat et guérit la fièvre). La violette, deuxième par ordre d’importance, présente de nombreuses propriétés : ses racines sont vomitives, ses feuilles émollientes (adoucissantes) et laxatives tandis que les fleurs sont émollientes, béchiques (antitussives) et diaphorétiques (permettant d’augmenter la transpiration).

La dernière partie du rapport, de loin la plus importante, étudie par liste les plantes médicinales des différents cantons du département. Dans leurs notices, les auteurs soulignent les particularités de certaines espèces, dans la cueillette par exemple. Ainsi fait-il notamment mention de la difficulté d’extraire les racines de gentiane (p. 23) ou de récolter les myrtilles (airelles) à l’aide d’un outil appelé « peigne » (p. 40). Il peut aussi être question de leur exploitation, comme la culture de l’angélique, dont les tiges sont vendues aux confiseurs (p. 19). Dans certains cas, ils soulignent que les habitants des cantons concernés méconnaissent les revenus que pourrait leur apporter la cueillette des plantes médicinales, à l’image des femmes du canton d’Olliergues qui « trouveraient dans leur récolte, pendant l’été, un emploi autrement rémunérateur que dans celui de la fabrication des chapelets.»

L’idée défendue par les auteurs de ce rapport est d’encourager la cueillette des plantes médicinales, activité qui pourrait être effectuée par des enfants, des femmes, des vieillards ou des mutilés (p. 51). En conclusion, ils proposent une série de mesures – notamment pédagogiques – pour informer et sensibiliser  les populations à cette question.

 

Index des plantes citées :

 

Achillée-Millefeuille : p. 7 ; Aconit : p. 2, 19, 28 ; Actée : p. 8 ; Adonis : p. 8 ; Airelle (myrtille) : p. 20, 25, 28, 33, 35, 40, 42, 44, 47 ; Alchémille : p. 8 ; Alkekenge (physalis) : p. 20 ; Anémone : p. 7, 18, 28 ; Angélique : p. 19, 46 ; Armoise : p. 47 ; Arnica : p. 7, 8, 11, 22, 23, 28, 30, 31, 38, 40, 41, 42, 45 ; Artemise : p. 7 ; Aubépine : p. 18, 31 ; Aspérule : p. 18 ; Astragale : p. 7 ; Bardane : p. 4, 13, 25, 29, 36, 47 ; Belladone : p. 11, 25 ; Bouillon Blanc (Molène) : p. 19, 36, 37, 50 ; Bourrache : p. 40, 41 ; Bruyère : p. 25 ; Camomille : p. 2, 14, 30 ; Cerisier : p. 36, 50 ; Chicorée : p. 2, 13, 46 ; Chiendent : p. 4, 12, 35, 43, 47 ; Ciguë : p. 29 ; Cochléaire : p. 8 ; Colchique : p. 4, 25, 29 ; Coquelicot : p. 12, 36, 47 ; Coronille : p. 7 ; Digitale : p. 2, 7, 10, 22, 23, 32, 33, 35, 37, 38, 42, 44 ; Douce-amère : p. 18, Ellébore : p. 22, 25 ; Fenouil : p. 20 ; Fougère : p. 4, 7, 15, 28, 32, 33, 35, 36, 38, 39, 44, 49 ; Frêne : p. 16, 29, 35, 38, 39, 42, 47, 48 ; Fumeterre : p. 18 ; Genet : p. 32, 35, 37, 38, 39, 49 ; Genévrier : p. 15, 32, 35, 36, 38, 49 ; Genièvre : p. 33, 42 ; Gentiane : p. 1, 4, 8, 9, 22, 26, 32, 34, 36, 42, 44 ; Gui : p. 17 ; Hélianthème : p. 7 ; Herbe à Robert : p. 19 ; Houblon : p. 47 ; Houx : p. 8 ; Jusquiame : p. 4 ; Lamier blanc : p. 22, 23, 30, 32, Lierre : p. 18, 37, 40 ; Marrube : p. 16 ; Mauve : p. 8, 36 ; Mélilot : p. 19 ; Mélisse : p. 36 ; Menthe : p. 33, 43 ; Mercuriale : p. 47 ; Millepertuis : p. 8 ; Morelle noire : p. 20 ; Moutarde : p. 50 ; Muguet : p. 18, 33, 37 ; Narcisse : p. 29 ; Nerprun (rhamnus) : p. 8 ; Noyer : p. 16, 33, 38, 45, 48, 50 ; Œillet : p. 8 ; Ortie : p. 47 ; Pensée (sauvage) : p. 28, 30, 43, 45, 47, 48 ; Pervenche : p. 8 ; Peuplier : p. 17 ; Pin : p. 17, 35, 39, 43 ; Pissenlit : p. 19, 33 ; Prêle : p. 17 ; Prunellier : p. 18 ; Réglisse : p. 25 ; Reine des prés : p. 19, 22, 23, 29, 35 ,37, 40, 41, 43 ; Robinier : p. 50 ; Ronce : p. 25, 33, 43, 44 ; Sapin : p. 32, 35, 38 ; Saponaire : p. 14 ; Scabieuse : p. 25 ; Scille : p. 4 ; Souci : p. 2 ; Sureau : p. 19, 25, 31, 35, 36, 40, 41, 43, 48, 50 ; Tilleul : p. 16, 25, 30, 31, 33, 34, 38, 39, 40, 48, 50 ; Trèfle d’eau : p. 25 ; Trolle : p. 8 ; Véronique : p. 19 ; Verveine : p. 47 ; Violette : p. 1, 9, 22, 23, 27, 30, 32, 36, 37, 38, 40, 41, 43, 48.

 

[2] Le texte de cette brochure imprimée a fait l’objet de révisions.

MM. GARNAUD, HUGUET, PERRIN, Les principales plantes médicinales du Massif central, sans lieu, [1922] . Cote : 2 BIB 11392.

 


Rapport des docteurs Huguet et de Perrin sur les différentes plantes médicinales du département.

Arch. dép. Puy-de-Dôme, M 1045




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