Évolution géographique de Clermont-Ferrand

Dossier réalisé par Corinne Dalle et Jean-Michel Viallet


Au fil de ce dossier nous vous proposons d’étudier comment la ville de Clermont devient, siècle après siècle, l’agglomération de Clermont-Ferrand. Une évolution tant politique que géographique.



La ville de Clermont-Ferrand est née de l’union des deux villes, Clermont et Montferrand, décision de Louis XIII, confirmée sous Louis XV. Clermont et Montferrand sont des agglomérations séparées, de part et d’autre de l’actuelle avenue de la République, par un vide qui n’est urbanisé qu’au cours du XXème siècle.

Montferrand doit sa fondation aux crises successives qui opposèrent les Comtes d'Auvergne à l'évêque qui régnait sur la ville de Clermont. Les diverses tentatives pour s'emparer de Clermont ayant échoué, le Comte Guillaume VI décide alors de rivaliser en construisant, sur une butte voisine propice aux fortifications. C'est ainsi que Montferrand voit le jour, en 1120.

Clermont, elle, remonte à l’antiquité et prend le caractère d’une ville épiscopale. La plus ancienne mention de l’existence de Clermont figure dans l’oeuvre de Strabon, au Ier siècle. La ville, dénommée Nemossos, est qualifiée de "métropole" des arvernes. Au cours du Ier siècle, elle prend la dénomination d’Augustonemetum et connaît une phase d’extension jusqu’au milieu du IIIe siècle.

 

Une ville essentiellement épiscopale

Au milieu du IIIe siècle, la ville prend la dénomination d’Arvernis ou Arvenos. Au début du IVe siècle, la ville est marquée par une période de déclin : sa superficie d’environ trois hectares peut alors contenir une population estimée à 700 habitants. Elle est entourée d’une enceinte percée de cinq portes, qui subsistent à travers tout le Moyen Age jusqu’à l’époque moderne. Leurs emplacements déterminent le tracé des rues lorsque la ville du Moyen Age s’agrandit.

Au milieu du Ve siècle l’évêque Saint-Namace installe dans la ville l’église épiscopale.

Désormais la ville devint essentiellement épiscopale. Au cours du VIIIe siècle, la dénomination de Clermont est donnée à la partie la plus élevée de l’agglomération. Au cours du Xe siècle les comtes d’Auvergne, rivaux des évêques (eux-mêmes soutenus par les Capétiens), résident à Clermont dans un palais situé à l’emplacement de l’Hôtel-de-Ville et de la prison. Ils entrèrent rapidement en conflit avec les évêques.

Le XIIe siècle émancipe l’évêque de la tutelle comtale pour la soumettre à celle du roi de France. Clermont fut désormais et jusqu’au XVIe siècle non seulement le siège épiscopal, mais également la capitale d’une seigneurie, le Comté de Clermont, sous l’autorité de l’évêque.

Au Moyen Age la ville de Clermont se développa à partir de l’enceinte aux cinq portes. Des quartiers se constituent et se dotent de murailles du côté de la plaine. En effet, la ville médiévale possède une topographie spécifique, destinée à répondre aux besoins militaires de l’époque.

Le nom de Clermont s’étend à la ville entière. Au XIIIème siècle existent trois faubourgs fortifiés : le quartier du Port, le quartier autour de l’église Saint-Genès et celui autour de l’église Saint-Pierre.

Le « Comté et Evesché de Clermont » de l’armorial de Revel offre une vision de l’aspect de la ville au XVème siècle. Le dessin présente une vue de Clermont sur le versant sud-est.

 


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3 Fi 139.

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- l’enceinte du XIVe siècle est représentée, doublée d’un fossé et pourvue de tours. On aperçoit les monuments hors et dans la ville.

Ce rempart suit approximativement le tracé actuel des voies suivantes : avenue des États-Unis, place Gaillard, rue Saint-Hérem, place de la Poterne, Place d’Espagne, place Delille, boulevard Trudaine, place Michel de l’Hospital, rue Ballainvilliers, boulevard Léon Malfreyt, boulevard Desaix, place de Jaude. Ce rempart laissait hors de la ville des faubourgs comme celui de Fontgiève.

 

- à l’intérieur des remparts, sont représentés :

 

Des églises

l’église Saint-Laurent

l’église des Carmes (aujourd’hui l’église Saint-Genès des Carmes)

l’église Notre-Dame du Port l’église Saint-Genès (détruite lors de la Révolution dont l’emplacement actuel est vers la place  Renoux)

la cathédrale

l’église des Cordeliers

l’église Saint-Pierre (détruite lors de la Révolution dont l’emplacement actuel est le marché Saint-Pierre)

 

Les tours du palais des Comtes d’Auvergne

La tour de la Monnaie, atelier monétaire puis prison du chapitre cathédral (écroulée au XVIIIe siècle)

L’hôpital Saint-Barthélémy (transféré au XVIIIe siècle)

 

- hors des remparts figurent :

 

Le château de Bien-Assis, dont l’emplacement se situe à l’actuelle place des Carmes (il appartiendra au XVIIème siècle au beau-frère de Blaise Pascal).

Le couvent des Jacobins,

L’abbaye de Saint-Alyre, qui assure par ailleurs la défense des habitants des faubourgs

L’église Saint-Adjutor, détruite lors de la Révolution

 

Clermont à l’époque moderne 

A/ Le XVIe siècle constitue pour Clermont une époque de transformation importante. Catherine de Médicis, à la suite d’un procès au Parlement dirigé contre l’évêque, Guillaume Du Prat, en qualité d’héritière des anciens comtes d’Auvergne, devient dame de Clermont. L’évêque est réduit à son rôle spirituel. Catherine de Médicis augmente les libertés municipales, accorde à Clermont une Sénéchaussée royale, rivale de ce fait de la Sénéchaussée préétablie à Riom.

 

Clermont ne pâtit guère des guerres de religion. Alors que de nombreuses villes d’Auvergne adhérent à la Ligue, elle reste fidèle au roi.

- A l’extérieur de la ville :

L’abbaye de Saint-Alyre

Le château de Bien-Assis

L’abbaye de Chantoin où s’installent les Carmes déchaussés au XVIIe siècle. Rebâti au XVIIIe siècle.

Le couvent des Jacobins

La place de Jaude

La Salla, château fort appelé aussi château Sarrasin dans le terroir de Jaude

La muraille des Sarrazins à l’ouest de la place de Jaude

 

- A l’intérieur de la ville :

Cinq portes subsistent :

La porte de la Monnaie (rue tour la monnaie)

La porte de a Terrasse (rue des Chaussetiers- place de la Victoire)

La porte Dalmas (rue Domat- place de la Victoire)

La porte du Terrail (place du Terrail)

La porte du Palais (près de l’hôtel de Ville- Poterne)

 

B/ Clermont à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle

 


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Clermont et ses environs. Plan dit de la Cour des Aides, vers 1689. MAP 964.


Le XVIIe siècle apporte à Clermont une Cour des Aides, celle qui se trouvait établie jusque-là à Montferrand.

- Les faubourgs se sont largement développés comme celui des Gras par exemple.

Clermont est entouré de prairies et de vergers.

On note également la présence de nombreux moulins (farine, papier, huile) installés le long de la Tiretaine. Des tanneries sont aussi présentes.

Au début du XVIIe siècle, le mouvement de réforme catholique a pour conséquence la fondation, hors de l’enceinte, de nombreux établissements Augustins, Hospitalières, Bernardins, Minimes, Capucins, Visitandines, Bénédictines,…

L’accès par la porte Champet (ou Champay) reste fondamental et débouche sur les routes qui mènent à Montferrand, Riom, puis Paris.

- Dans la ville, on peut noter la présence de l’Hôpital Général dans le faubourg des Gras sur le document ci dessus.

 

Le document suivant permet de compléter le document ci-dessus.


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5 BIB 3.


On peut apercevoir le tracé des remparts et des portes, l‘implantation des bâtiments religieux, les fontaines. Figure également l’emplacement du marché au bled (blés).

Les lieux décisionnaires sont aussi notés. Tout d’abord, l’édit d’Union entre Clermont et Montferrand a eu pour conséquence le transfert de la Cour des Aides à Clermont. Le Palais de la Cour des Aides, construit en 1640 a accueilli les Grands Jours de 1665. A côté, figure l’emplacement de la maison de ville et de l’autre côté de la cathédrale se trouve le palais épiscopal.

Le développement de la ville est gêné par les remparts, survivance du Moyen Âge. Quelques aménagements ont lieu comme celui de la place d’Espagne (1692) qui ne figure pas sur le plan (à l’angle de la porte Barnier. La place de la Poterne voit le jour grâce l’intendant d’Auvergne en 1724.

Le document suivant daté de 1780 mentionne ces places. Les transformations les plus significatives sont l’œuvre des intendants, en particulier Ballainvilliers.


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Plan de la ville de Clermont-Ferrand. 22 Fi 246 extrait de 1 C 6357.


La place du Taureau (actuel haut du boulevard Lafayette) est aménagée ainsi qu’une promenade à proximité. Les murailles sont détruites. Le document suivant légèrement antérieur offre également une vue intéressante de Clermont et de son environnement où apparaît nettement le vide existant entre Clermont et Montferrand.


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Carte de la ville et ses environs par Lescuyer de la Jonchère en 1739.

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Zoom de la carte de la ville et ses environs par Lescuyer de la Jonchère en 1739.


Mais, il faut attendre la Révolution pour percer de nouvelles avenues et aboutir au dégagement de la partie centrale de la ville.

 

Clermont à l’époque contemporaine

 

Durant la première moitié du XIXe siècle, Clermont ne subit que de très infimes modifications. Les travaux d’équipement de la ville ne sont guère importants faute de finances suffisantes, d’existence de plan d’urbanisme et d’un manque de dynamisme démographique.

On peut noter l’ouverture de quelques rues comme la percée de la rue Blatin, le prolongement du cours Sablon, … Un cimetière est installé aux Carmes, des casernes voient le jour, la halle aux blés est reconstruite. Les abattoirs sont installés vers les Carmes. On réaménage le quartier du Palais de Boulogne, on y construit la prison ainsi que l’Hôtel-de-Ville.


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Clermont 1893.

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MAP 923.

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Clermont 1869.


En 1855, s’ouvre la liaison ferroviaire entre Clermont-Ferrand et Saint-Germain-des Fossés. En 1853, l’emplacement de la gare est retenu au Château-Rouge. Pour desservir cette gare, plusieurs avenues sont créées : l’actuelle avenue Carnot, l’avenue des Paulines, l’avenue de la Grande-Bretagne, de l’Union Soviétique, l’avenue Charras. A cette occasion, la fontaine d’Amboise est transférée de la place Delille à l’avenue Carnot (à l’époque avenue centrale).

 

De nettes améliorations dans les années 1845-1869 sont dues au plan Champomier. On peut noter la disparition de l’îlot Saint-Genès, la création de la place de la Treille, l’élargissement de l’actuelle avenue Vercingétorix.

 

Concernant l’équipement, l’aménagement interne de l’Hôtel-de-Ville se poursuit, on restaure la Préfecture, on construit la chapelle des Capucins. Les tours carrées rue des Gras sont démolies et la cathédrale est l’objet de grands travaux selon le plan général des travaux de Viollet-le-Duc. Le Palais des Facultés (actuel Rectorat, l’aile droite de l’Hôtel-Dieu pour abriter l’école de médecine, voient le jour. La caserne de cavalerie Gribeauval est installée rue d’Amboise.

 

Le jardin botanique, ouvert depuis la fin du XVIIIe siècle s’agrandit et prend le nom en 1871 de Lecoq.

 

À la fin du XIXe et au début du XXe siècle, on assiste à la jonction progressive de Clermont et Chamalières. L’est de la ville est également urbanisé avec la poursuite de la construction du quartier de la gare.

 

La principale nouveauté est l’urbanisation progressive du nord-est de Clermont et la fusion progressive avec Montferrand. D’ailleurs, la première ligne de tramway relie dès 1888 Montferrand à Royat.

 

Symbole local, la place de Jaude se voit ornée de la statue de Vercingétorix, inaugurée en 1903.

 

L’expansion industrielle des années 20 entraîne un développement considérable de l’accroissement urbain, un temps ralenti par les années 30. L’extension géographique de Clermont-Ferrand reprend dans les années 60 jusqu’à aboutir à la création d’une véritable agglomération, offrant une continuité de l’habitat avec les communes avoisinantes, tel que l’on peut le voir de nos jours.


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Collection :

 Archives, G'do

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Collections :

Gilbert Rouchon, Louis Saugues, Roger Henrard, l'Album des Puydômois, Clément, G’do

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