Georges Couthon, à la conquête du barreau

Dossier réalisé par Corinne Dalle et Frédéric Jarrousse.


 

1755


6 E 260 2 (jpg - 235 Ko)

Acte de naissance et de baptême de Georges Couthon. État civil numérisé en ligne, 6 E 260 2 (B-M-S, Orcet, 1741-1770, page 100).


Georges Couthon est né le 22 décembre 1755 à Orcet (Puy-de-Dôme). Il a été baptisé le jour de sa naissance. Son père est le notaire Joseph Couthon (1721-1787). Sa mère est Marie Lafont (1721-1791). Le couple s’est marié à Clermont-Ferrand le 24 mai 1751. Georges Couthon est le quatrième enfant d’une famille qui en compta huit. La moitié mourut en bas âge. L’autre survécut : Pierre, l’aîné (1752-1818), Gilberte (1757-1792), Jacques (1760-1779) et Georges (1755-1794).

 

Georges Couthon appartient à une famille de petits notables de province. La branche paternelle est originaire de Saint-Sauves et se serait établie à Orcet au milieu du XVIIIe siècle. Elle se caractérise par un lien fort avec la carrière juridique : l’étude notariale familiale transite entre le grand-père de Georges Couthon (Pierre, 1680-1752), son père (Joseph) et son frère (Pierre). N’étant que le cadet, le monde du notariat échappe donc à notre personnage d’étude et échoit à l’aîné. Cependant, Georges Couthon reste dans cet environnement juridique puisqu’il embrasse la carrière d’avocat. Par la branche maternelle, il descend d’une famille de marchands de bestiaux clermontois, de la paroisse de Notre-Dame-du-Port. Des parents de Georges Couthon, on sait assez peu de choses. Outre sa profession de notaire, son père assuma des charges de second échevin (1766) et juge à Orcet (1772). Il semblerait également avoir été accablé par les dettes : un rapport de 1784 souligne qu’il « a beaucoup de créanciers, [qu’] il néglige son bien, [qu’] il paye mal ses ouvriers, [qu’] il a souvent les huissiers[1] ».

 
 


[1] Cité par Martine Braconnier, Couthon. De l’Auvergne à la Convention, Georges Couthon, ou les métamorphoses de la raison, Editions du Roure, 1996, page 27.


 

1781


L 322 (jpg - 5624 Ko)

État de l’appartement parisien loué par Georges Couthon, 15 avril 1781 . L 322, pièce 53 .


On dispose de peu de sources pour connaitre les années de formation de Couthon. On sait toutefois qu’en 1775 (il est alors âgé de 20 ans), il travaille à Riom auprès du procureur François Frenaye comme saute-ruisseau (clerc de notaire ou d’avoué chargé de faire les courses) ou clerc. Il s’inscrit par la suite à la faculté de Reims où il suit des études de droit : on relève son nom sur les registres de cette institution à la fin 1780. D’autres futurs révolutionnaires vont également s’y former comme Gaultier de Biauzat, Saint-Just, Lebas, Danton… Il semblerait que le séjour de Couthon dans cette faculté ait été assez bref, d’une durée de quelques mois, mais suffisant pour obtenir, moyennant finance, le diplôme d’avocat au Parlement de Paris. Le trafic des grades n’était pas rare dans la France de l’Ancien Régime : ainsi, le gouvernement supprima l’université de Cahors, en 1751, car on pouvait y être reçu docteur en … trois jours.

Couthon gagne ensuite Paris au printemps 1781 où il va demeurer, près du Châtelet, jusqu’en juillet 1782. Un état des lieux du 15 avril 1781 nous montre qu’il vit dans un appartement au 3e étage, « loué par Monsieur Blin dans sa maison appartenante à Mr de Rambuteau, rue Ste Avoye[2], à raison de deux cent livres par an », depuis le 1er avril 1781. Le loyer est « payable de quartier en quartier », vraisemblablement tous les quatre mois.

L’appartement qu’il occupe se subdivise en deux chambres et un cabinet ; une partie de l’étage donne sur la rue, l’autre sur une cour. On notera la présence d’un tableau d’un magistrat « au-dessus de la cheminée de la chambre », peut-être parce que ce logement avait presqu’exclusivement des robins comme locataires.

 
 


[2] 3e arrondissement de Paris. La rue Sainte-Avoye communique avec la rue Rambuteau.


 

1794


1 Q 2015 (jpg - 3877 Ko)

Inventaire des biens de Georges Couthon, mis sous scellés dans son logement clermontois, 13 brumaire an III. 1 Q 2015.


Si l’on sait assez peu de choses sur sa formation, on en sait un peu plus sur sa culture et, plus largement, sur sa personne par la découverte de son univers intime. Nous disposons pour cela d’un « inventaire estimatif du mobilier » de Couthon à Clermont-Ferrand réalisé les 13 et 14 brumaire an III (3 et 4 novembre 1794). Ce ne sont pas moins de 197 éléments qui sont inventoriés : meubles, vêtements, vaisselle, objets divers dont plusieurs armes  (fusils, sabre, pistolets), des instruments de musique (guitare, mandoline), de nombreuses pièces à caractère religieux (un reliquaire, une Vierge à l’Enfant en ivoire, des gravures de saints), une table de tric-trac, des cartes du département, quelques curiosités d’histoire naturelle ou encore des livres. La bibliothèque de Couthon semble conséquente puisque rassemblant environ 500 volumes, notamment de droit et d’histoire. À titre de comparaison, celle de Dijon de Saint-Mayard, avocat à la Cour des Aides, en contenait 614, celle de l’Intendant d’Auvergne, Chazerat, 550, celle du marquis de Sade, 440, celle de Carrier, 250, celle de Saint-Just, 62, enfin celle de Robespierre en contenait 220. On est loin toutefois des 1300 livres de la famille d’Estaing au château de Ravel… À cette bibliothèque clermontoise il faut rajouter celle que Couthon possédait à Paris, d’environ 100 livres.




Retour haut de page