La création du sanatorium Clémentel

Au début du XXe siècle, le fléau de la tuberculose, maladie connue depuis l’Antiquité, fauchait en France plusieurs dizaines de milliers de vies chaque année. En 1925, elle emportait une fille d’Etienne Clémentel, président du Conseil général et sénateur du Puy-de-Dôme. C’est de ce drame personnel que naquit l’idée du sanatorium Clémentel.

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Projet de sanatorium, aquarelle d’Étienne Clémentel, Livre d’or du sanatorium, Fonds du Centre Hospitalier E. Clémentel. 48 ETP.


Déjà investi dans la lutte contre cette maladie au niveau national, Etienne Clémentel se consacra alors pleinement à la création d’un équipement public départemental. Dans son discours d’ouverture de la session du Conseil général de mai 1927, il rappelait à ses collègues l’enjeu de l’éradication de la maladie et regrettait la voie empruntée par le département : « Vous avez choisi la solution qui demande le moins d’effort » lance-t-il à l’assemblée. De fait, le département n’avait pas profité de la loi de 1919 sur les sanatoriums pour construire son propre établissement et envoyait les malades dans les établissements des départements voisins, lorsque des lits étaient disponibles. Cette solution a minima paraissait insuffisante à Etienne Clémentel qui rouvrit le dossier. Devant les difficultés rencontrées pour financer une construction sur les fonds départementaux, il décida de ne pas faire appel à la dépense publique et entreprit de réunir lui-même les sommes nécessaires pour la construction d’un établissement de 200 lits. Le financement du projet étant théoriquement assuré pour la moitié par le budget de l’Etat, ce sont près de 4 millions de francs qui devaient être réunis. « En m’adressant à l’effort individuel et privé, la campagne que je poursuis est un acte de propagande qui porte l’espérance aux cœurs des malheureux et des malheureuses […] » argumente Clémentel en octobre 1928. Dès lors, il mobilise ses relations afin de réunir les fonds. Une souscription permet de réunir de larges sommes. Edouard Michelin fit don à titre personnel d’un million de francs, prenant la tête des contributeurs privés, souvent notables ou représentants d’entreprises locales et nationales. Les communes du Puy-de-Dôme participèrent également à la souscription. Afin d’associer le plus large public possible, une tombola fut même organisée. Pour vendre un maximum de billets, Clémentel fit appel à toutes les bonnes volontés, sollicitant notamment les conseillers généraux. De prestigieux lots furent distribués : bronze de Rodin et autres œuvres artistiques, voiture Panhard Torpedo, bijoux, livres, appareils photographiques, etc.


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Lors de la session du 15 avril 1929, Etienne Clémentel pouvait, « heureux et fier », annoncer à l’assemblée que les objectifs étaient atteints, et même dépassés. Projet de sanatorium, aquarelle d’Étienne Clémentel, Livre d’or du sanatorium. 48 ETP.

 

 

La construction du sanatorium put ainsi débuter en 1929 et dura jusqu’en 1932. La réalisation fut confiée à Jean Amadon, architecte de la Polyclinique de Clermont-Ferrand. Installé sur les hauteurs de la commune d’Enval avec une vue imprenable sur la Limagne, le premier établissement anti-tuberculeux de statut public du Puy-de-Dôme ouvrait ses portes le 1er septembre 1933.

L’ensemble est composé de plusieurs corps de bâtiments, parmi lesquels le pavillon des malades, le pavillon d’administration et de soins médicaux, le bâtiment du personnel, le logement du concierge et la villa du médecin-chef directeur.

Le pavillon des malades, long de 246 mètres, est constitué d’un corps principal au centre où sont installés les services généraux. Deux ailes latérales sont destinées aux malades, séparant les femmes (côté ouest) et les hommes (côté est). Chacune se termine par un pavillon d’isolement. Exposé au sud-est, le pavillon des malades est conçu autour de galeries en pergola dont les dispositions permettent de réunir les conditions nécessaires à une cure d’air et de lumière, traitement le plus efficace avant la découverte de la pénicilline. 

L’ensemble comprend également une chapelle, une salle des fêtes et un cinéma. À l’intérieur, comme à  l’extérieur, les malades peuvent écouter les nouvelles grâce à l’installation d’appareils de T.S.F.

 


 

 

 


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Le bâtiment fut officiellement inauguré le 23 juillet 1934 en présence du président de la République, Albert Lebrun. Albert Lebrun et Etienne Clémentel lors de l’inauguration. Photographie extraite du Livre d’or du sanatorium. 48 ETP.




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