La libération de Clermont-Ferrand, un film de Jean BAUDIN

Ce nouveau dossier présenté par le service éducatif met en valeur les collections cinématographiques des Archives départementales. Ce film de Jean Baudin montre un exemple d’exploitation pédagogique de films amateurs, en particulier pour la période de la Seconde guerre mondiale et de la Libération de la ville de Clermont-Ferrand.

TRAVAILLER SUR LA LIBÉRATION DE LA VILLE DE CLERMONT-FERRAND

À PARTIR D’UN FILM AMATEUR DE 1944

Film de Jean BAUDIN    (Arch. dép. Puy-de-Dôme 18 AV 6)

 

 Présentation de Jean Baudin, cinéaste amateur.

 

 Né le 22 décembre 1926 à Clermont-Ferrand d’un père ingénieur et d’une mère au foyer, Il habite cours Sablon, puis rue de Rabanesse. Il poursuit sa scolarité au Lycée Blaise-Pascal où il décroche un bac maths élémentaires à 17 ans avec un 19/20 en mathématiques. Il part ensuite à Paris pour des études de « math sup » et « math spé » et est reçu à l’École centrale. Il débute ensuite une carrière via les Etats-Unis, pour terminer directeur technique chez Thompson CSF.

Sa passion pour le cinéma commence à l’âge de 16 ans lorsque son père lui offre une caméra. Il filme de nombreuses scènes familiales ou avec des camarades, et de la libération de Clermont en 1944.

Durant son séjour aux États-Unis, il réalise des films (y compris une séquence animée d’un canard se faufilant sous le couffin d’un berceau) mais il s’intéresse surtout à la photographie.

Ayant installé un véritable laboratoire dans sa cave à Meudon (92) doté de nombreux appareils professionnels, il était capable de tirer des photographies couleur sur toile. Il est décédé en juillet 2017 à Mozac (63) où il a passé les treize dernières années de sa vie.

 

 

Présentation du document 

 

Ce film a été tourné "sur le vif" lors de la libération de Clermont-Ferrand, à partir du 27 août 1944. Jean Baudin, alors âgé de 18 ans, filme à l'épaule avec une caméra de format 9,5mm. (format commercialisé par l'entreprise française Pathé dès 1922). Il saisit ce "reportage" muet -il ne sera possible d'enregistrer le son en synchrone que bien plus tard- depuis le cours Sablon, où habitent ses parents et où est filmée la première séquence, jusqu'à la place de Jaude, en passant par différentes rues du centre de Clermont-Ferrand. Pour ce faire, il a utilisé trois bobines courantes de 15 mètres, permettant d'enregistrer environ quatre minutes de film chacune. Puis, après développement, il a collé les bandes positives l'une à l'autre pour obtenir aujourd'hui ce film-témoignage d'un peu plus de douze minutes (soit 45 mètres de bande 9,5mm). Il faut noter qu'il était très difficile de se fournir en matériel de cinéma d'amateur durant cette période de conflit et de pénurie.


I / LA LIBÉRATION DE CLERMONT-FERRAND.

 

À Paris, la 2e DB du général Leclerc a libéré la capitale le 25 août 1944. Dans le Puy-de-Dôme, les Allemands se voient peu à peu acculés, et répondent par de nombreuses exécutions sommaires. Le 20 août 1944, un des derniers convois est parti pour Dachau avec notamment Mgr Piguet, évêque de Clermont, qui ne reviendra à Clermont que neuf mois plus tard. 

Les troupes allemandes sont alors regroupées à Aubière et Royat. De son côté, l’état-major des F.F.I se tient informé des événements depuis le Mont-Dore. Le 27 août 1944, les derniers Allemands quittent Clermont-Ferrand, après 2 ans d’occupation de la ville. Le champ est laissé libre aux maquisards d’Auvergne qui prennent possession des lieux en entrant par Beaumont. Ils empruntent ensuite l’avenue du Maréchal-Pétain, renommée avenue de la Libération, acclamés par la foule qui brandit les couleurs du drapeau français.

Ils se dirigent vers la préfecture, où le préfet est mis aux arrêts, puis à la caserne du 92e R.I. où sont découverts dans une fosse commune les corps de 20 résistants fusillés le 20 décembre 1943 après la rafle de Billom.

Des journaux comme « Résistance » ou  « Le Patriote » sont distribués à la volée pour appeler les habitants à sortir dans les rues. Les Clermontois sont au rendez-vous par milliers. Après des mois de guérillas, sabotages, assassinats, tortures et exécutions, les troupes de FFI entrent d’une allure décidée et disciplinée. Ils procèdent à l’arrestation des représentants du régime de Vichy et établissent leur quartier général à la préfecture. Le lendemain, Henry Ingrand, commissaire de la République, et Pierre Sauvanet, le nouveau préfet, s’adressent à plus de 10 000 personnes rassemblées dans une atmosphère de liesse.

Une nouvelle administration se met en place, amorçant la transition vers la paix et la démocratie. Gabriel Montpied est désigné pour présider la délégation spéciale de Clermont-Ferrand, appelée à remplacer la municipalité défaillante, en attendant les premières élections de la France libérée.

Gabriel Montpied, après la défaite de 1940, sous le pseudonyme de « Gaël », rejoint le mouvement de Résistance « Libération » en 1941. Au printemps 1943, Emile Coulaudon (alias Colonel Gaspard) le charge de l’organisation des premiers maquis destinés à cacher les jeunes hommes réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) en Allemagne. Puis il crée le maquis « Stéphane ». À la mort de Nestor Perret, en octobre 1943 arrêté et torturé par la Gestapo, il devient « chef action » des Mouvements Unis de Résistance pour Clermont-Ferrand, sous le pseudonyme de Colonel Monique. Avec le Comité Départemental de Libération (1ère réunion le 20 janvier 1944) et tout l’état-major de la Résistance auvergnate, il participe aux combats du Mont-Mouchet.



II / METTRE EN ŒUVRE LA SÉQUENCE PÉDAGOGIQUE

 

a)      Les pistes pédagogiques

Ce dossier s’inscrit dans le programme de 3e au collège :

  • En Histoire :
  • THEME 1 : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales.

Chap. La France défaite et occupée. Régime de Vichy, collaboration, Résistance

  • THEME 3 : Françaises et Français dans une République repensée.

Chap. 1944-1947, refonder la République, redéfinir la démocratie.

  • En EMC :
  • Connaître les valeurs, les principes et les symboles de la République française.
  • CYCLE 2/3/4. Acquérir et partager les valeurs de la République : le sentiment du vivre ensemble.

 

L’enseignant peut amener ses élèves à réfléchir sur la problématique suivante :

Dans quelle mesure la libération de la ville de Clermont-Ferrand, le 27 août 1944, permet-elle de refonder la République ? 

Des extraits d’un film amateur sont proposés à l’analyse des élèves, avec un questionnaire.

1)      Quelles sont les traces visibles de l’occupation allemande ?

2)      Quels sont les acteurs ?

3)      Quels sont les symboles républicains mis en avant ?

4)      Comment se manifeste le « vivre ensemble » ?

 

b)     Séquences de travail proposées : Refonder la République, la Nation, la Patrie.

 

Pavoisement : (0-1’00)

                       (1’23-1’46)

                       (2’53-3’52)

 

Défilé des vainqueurs et traces de l’occupation ennemie : (4’02-4’50)

                                                                                           (5’00-5’22)

                                                                                           (6’37-7’25)

                                                                                           (7’40-8’08)

                                                                                           (8’34-9’20)

                                                                                           (9’31-10’00)

 

Conclusion : la patrie retrouvée : (11’50-12’16)




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