Magdelaine Bérubet

Aujourd’hui quelque peu oubliée du grand public, Magdelaine Bérubet a pourtant connu son heure de gloire en jouant aux côtés de nombreuses figures du théâtre et du cinéma français : Louis Jouvet, Michel Simon, Fernandel, Raimu, Arletty…

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Signature de M. Bérubet, cote : 142 J 42.


Descendante d’une famille de photographes et d’opticiens, Lucienne Madeleine Anne Marie Bérubet naît le 18 juillet 1884 à Clermont-Ferrand. Ses premiers apprentissages artistiques la portent vers le chant et le violoncelle. Dès 1908, elle part en Angleterre enseigner le français et la musique. La Grande Guerre la rappelle en France où elle devient infirmière bénévole de la Croix-Rouge.

C’est à partir de 1921, à l’âge de 38 ans, qu’elle décide de se consacrer pleinement  à sa passion pour le théâtre. Elle suit alors des cours où elle rencontre Charles Dullin, avec lequel elle fonde le théâtre de « L’Atelier » la même année. La pièce « Monsieur Sardony », écrite pour son ami, y sera jouée dès 1922 avant d’être publiée chez Stock deux ans plus tard. Magdelaine Bérubet est également l’auteure de la « Communion des saints » (1928) dont le caractère particulièrement sombre surprendra la critique.


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Photo extraite du film « La Chienne », ©Les films du Jeudi.

 

En 1923, elle joue en tant que comédienne dans une représentation théâtrale de « Knock » adaptée par Louis Jouvet. Elle obtient ses premiers rôles au cinéma à l’âge de quarante-sept ans. Dans « La Chienne » de Jean Renoir (1931), elle incarne l’épouse acariâtre de Michel Legrand (Michel Simon), un artiste peintre trompé par une jeune fille et son souteneur. Impliquée dans la vie artistique, Magdelaine fonde en 1936  le « Club des Mécènes » dans le but de réunir des fonds pour soutenir la création.


 

La vie parisienne ne lui fait pas pour autant oublier ses racines puydômoises. Lors d’un séjour à Saint-Saturnin, elle tombe sous le charme d’une demeure pittoresque qu’elle acquiert en 1937 et qu’elle conservera jusqu’à la fin de sa vie : « ce hasard providentiel qui m’a fait lever les yeux, en me promenant, sur cette vieille maison (…), la visite que j’ai faite de ces vieilles pierres, en votre compagnie, enfin mon heureuse chance pour tout dire m’ont fait trouver cette rustique et bien délabrée bâtisse d’un passé qui parle à mon imagination [1]. »

En octobre 1939, elle prend en charge le cours d’art dramatique et de diction créé par la municipalité au Conservatoire de Clermont. Quelques mois plus tard, l’inspecteur de l’enseignement musical se félicite, auprès du ministre de l’Éducation nationale, de cette réussite : « Ne nous faut-il pas saluer, cette année, la création d’une classe de Déclamation dramatique ne comprenant pas moins, pour sa 1ere année, de 37 élèves ? Et tout cela animé déjà de véritable esprit scénique, vif à la réplique, intéressé passionnément. Nous voilà, sur ce plan, en face du cas le plus intéressant constaté au cours de nos inspections. »

Dans son rôle de professeur, Magdelaine Bérubet est décrite comme « sévère avec malice, d’une culture sans défaut, enthousiaste et lucide, généreuse et rusée, elle domine ses vingt-cinq ou trente élèves d’un ascendant fort explicable : à soixante ans, elle est aussi jeune qu’eux. Tous les Clermontois qui ont passé, adolescents, « chez Bérubet » (…) ont un certain ton allègre, un certain œil plus vif pour parler de leur jeunesse d’apprentis-comédiens [3]. » Elle assumera cette fonction jusqu’en 1957. Commence alors pour elle une seconde phase dans sa carrière de comédienne, jusqu’en 1961, qui lui permettra notamment de tourner à deux reprises avec Brigitte Bardot. Magdelaine Bérubet meurt à Clermont-Ferrand en 1970.

 


[1] Lettre à Jacques Bardoux, 16 septembre 1937, cote aux Archives départementales : 142 J 42.

[2] Cote : 4 T 14.

[3] André DEGAINE, « Magdelaine Bérubet, dramaturge auvergnat », L’Auvergne littéraire, artistique et historique, n°216-217, 1973, p. 61-91, ici p. 69.


 

En février 1940, Magdeleine effectue une demande de passeport pour se rendre en Italie pour un engagement cinématographique. Il s’agit du tournage du film « Ecco la felicità ! » (en français « La comédie du bonheur ») tourné à Rome. Dans ce film franco-italien de Marcel l’Herbier, elle jouera avec Michel Simon, Ramón Novarro et Micheline Presle.

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Passeport de Magdelaine Bérubet, cote aux Archives départementales : 115 W 9




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