Les riches archives de Montferrand

Confié à la garde des Archives départementales dans les années 1920, le fonds ancien de la commune de Clermont-Ferrand est riche de documents qui nous éclairent sur la vie de la capitale puydômoise.


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Comptes des consuls de Montferrand (1258-1740), Arch. dép. Puy-de-Dôme, CC 154-155 et 170


Ces documents antérieurs à la Révolution sont issus de l’activité du corps de ville, ou plutôt des corps de ville : ils témoignent d’une situation dans laquelle, du XIe au XVIII e siècle, Clermont et Montferrand se font face. Ce fonds ancien est en réalité constitué de trois ensembles : le fonds de Clermont-Ferrand proprement dit, depuis l’union de 1731, et ceux de Clermont et de Montferrand produits jusqu’à cette date. Très riche, celui de Montferrand mérite tout particulièrement l’attention.


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Extrait du registre des comptes des consuls de Montferrand, Arch. dép. Puy de Dôme, CC 60

Il nous est connu en grande partie grâce au travail d’Emmanuel Teilhard de Chardin (1844-1932) : archiviste paléographe, il passa la plus grande partie de sa vie professionnelle à étudier les 30 mètres-linéaires de liasses, parchemins et registres redécouverts en 1842 dans la tour de l’église de Montferrand.


Dans ces « vieux papiers », le chercheur (ou le curieux - les archives sont conservées pour être consultées par tous) trouvera notamment une importante collection de registres du consulat de Montferrand, octroyé à Montferrand suite à la Charte de franchise de la fin du XIIe siècle, et par lequel la ville s’administre elle-même. Un système de contrôle de l’action consulaire se met en place, via, par exemple, l’enregistrement de leurs dépenses et de leurs recettes.


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Extrait du registre des comptes des consuls de Montferrand, Arch. dép. Puy de Dôme, CC 60

Si les sources comptables et fiscales paraissent arides au premier abord, les comptes des consuls renferment d’innombrables détails sur la vie quotidienne de la communauté. De manière assez remarquable, les presque 200 registres couvrent une période de plusieurs siècles (de 1273 aux années 1730), ce qui permet d’évaluer sur le temps long les évolutions de la vie montferrandaise. Outre les noms de personnes, on y trouve des appellations  de rues, de quartiers ou de professions. Les événements, même s’ils ne sont pas nommés, laissent eux aussi des traces : ainsi, les mentions de « cots » (maisons en ruine) et de « chazals » (petites maisons, maintenant inhabitées) qui se multiplient au tournant des années 1350, paraissent comme autant d’indices laissés derrière elle par la Peste noire.


Les vingt premiers registres des comptes des consuls de Montferrand ont également attiré l’attention des historiens de la langue occitane : rédigés en bas-auvergnat, ils permettent d’observer le glissement entre langue d’oc et langue d’oïl à la fin du XIVe siècle.


Consultez deux extraits en occitan des registres du consulat de Montferrand (1378-1384), CC 170. (2 vues)


Comptes des consuls de Montferrand (1258-1740)

Arch. dép. Puy-de-Dôme, CC 154-155 et 170

 

 




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